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فيديو من الارشيف عن البدو الرحل بجبال العمور

                                      


فيديو  من الارشيف عن البدو الرحل بجبال العمور



             Comme tous les peuples pasteurs, les nomades du Djebel Amour subissent les exigences du pâturage et de la sauce. Chassés dès le printemps de leur campement saharien vers les zones cultivées du Cerceau, ils reprennent à l'automne la route du sud. La nécessité de fréquents déplacements que leur imposent les pâturages du pays les a conduits à vivre sous la tente et à choisir le chameau comme moyen de transport approprié.

            Comme les femmes doivent rester cachées aux yeux des étrangers, elles voyagent dans des palanquins recouverts d'étoffes de couleur. C'est au sud du département d'Oran, dans la commune mixte d'Aflou, que les Oulets de Yacoub, que nous venons d'apercevoir, ont leur terrain, dans les monts du Djebel Amour. Mais, semblable au rythme de la marée, la transhumance les mène régulièrement au nord et au sud, hors des limites administratives de leur territoire.

            Ils mènent une vie que ni les siècles ni le contact avec la civilisation moderne ne semblent altérer, une vie faite de simplicité et de sobriété, dont les occupations journalières sont sans cesse répétées. Mais laissons la caravane poursuivre sa route, nous la rejoindrons à temps et voyons la vie de ces nomades. La demeure du nomade est une tente faite d'étroites et longues bandes, nommées fliches, tissées en laine et poils de chèvre ou de chameau et cousues entre elles.

            2 ou 3 grandes surfaces, ainsi obtenues, sont juxtaposées et reliées par des attaches à boutonnières qui rendent le démontage aisé, et chaque partie peut être pliée séparément. La cuisine, qui fait saillir sur le devant, est faite d'une pièce de tissage fixée à la tente par des attaches à boutonnières ou simplement cousues. La tente est soutenue par des masses et des piquets de longueur différentes, donnant à l'ensemble une allure pyramidale.

            Le montage et le démontage de la tente est un travail essentiellement féminin, mais si la famille est réduite et ne compte qu'une seule femme, les hommes participent aux opérations. La principale partie du vélum, formant toit, porte des bandes tissées et décorées qui sont cousues à l'intérieur et dont le rôle est de renforcer la toile au point d'appui des mâts. Ici, les ânes remplacent les chameaux, car le propriétaire de cette tente, de la tribu des Oulettes-Mimoun-Guérabas, est un petit nomade aux déplacements de faible amplitude.

           Une fois que la tente pliée est posée sur la bête, les pans sont rabattus, chacun sur un piquet, et remontés de façon à former deux poches, utilisées au transport des petits objets. Le tout est solidement attaché et par-dessus sont posées les autres masses et piquets. Et la petite troupe peut prendre le chemin de son nouveau campement.

A l'emplacement choisi, les mêmes opérations sont faites en sens inverse. Les piquets maintenant la tente au sol sont d'abord enfoncés. Les voisines ne manquent pas de venir prêter main-forte.

Tous les bagages ont été déchargés et éparpillés sur le sol, devant la tente. Les ustensiles de cuisine, un tapis de sel tout neuf, la laine d'un autre tapis. Les mâts sont mis en place avec soin.

La basse-cour est déjà en quête de grains. On prépare les parois de la cuisine et on finit la tente. Ce ne sont là que de simples morceaux de bois qu'on passe dans une gance.

On finit ainsi de coudre la cuisine. J'ai tout vérifié, ça va. Les mâts de la cuisine sont placés de façon à laisser une ouverture pour la fumée.

Non, non, non, ce n'est pas là, votre poulailler. Et le moment d'emménager est venu. Pour ce qui est de prendre la crémaillère, on en reparlera un autre jour.

La principale ressource de ces populations demeure la culture des céréales. Les terrains ensemencés sont parfois laissés par leurs propriétaires qui suivent leurs troupeaux dans le sud. Mais le bris de la moindre déprédation les affectant leur parviendrait aussitôt, car les nouvelles vont vite.

L'élevage du mouton représente un revenu non moindre, mais chaque troupeau ne comporte qu'un nombre réduit de têtes, car les pâturages sont trop clairsemés. La plupart des transactions peuvent être faites sur le marché au mouton, qui se tient tous les dimanches à afflux. On y trouve également des chèvres, des ânes et quelques bovidés.

Les ventes se font à la surenchère et jamais un vendeur ne lâchera ses bêtes dans la 1re heure du marché. Les discussions terminées et les 2 parties étant tombées d'accord, le nouveau propriétaire emmène ses bêtes après avoir payé rubis sur l'ongle. Tous les moutons ne sont pas toujours d'accord et il faut se montrer persuasif.

Les quelques bovidés qu'on trouve dans la région ont parfois la chance de baître dans une prairie qui ne le cède en rien à celle de France. Et quelques arbres aux couleurs de l'automne semblent même être là pour souligner la ressemblance. Quant aux chameaux, ils ne se vendent pas sur le marché, mais n'importe où.

Nous voyons dans ce champ un filet de laine tendu en croix. Il est destiné à la chaîne d'un tapis et la laine de la moquette est prête. Le tissage est aussi une source de revenus, mais dans une plus faible mesure.

Le tapis du Djebel Amour est exécuté sous la tente sur un métier vertical maintenu par des cordes. Les tapis étaient jadis composés par des hommes, les regams, aidés de 3 ou 4 tisseuses. Ce sont aujourd'hui des femmes, les regamas, qui les remplacent de plus en plus.

La regama travaille du côté ras du tapis. Elle se borne à placer les points blancs qui limitent les contours des dessins, laissant aux tisseuses le soin de nouer dans les intervalles les points rouges et bleus. La regama, travaillant en somme à l'envers du tissage, opère de la façon suivante.

Elle tire à elle les 2 fils de chaîne devant porter le point blanc et les intervertit, puis elle noue sa laine qu'elle coupe très court de façon à la rendre invisible dans la moquette. Il ne lui reste plus qu'à faire passer ses points de l'autre côté. Les tisseuses, ici au nombre de 3, nouent les points rouges et bleus qu'elles tassent ensuite à l'aide d'un peigne-tasseur.

Entre chaque rangée de points noués, les tisseuses passent 2 fils de trame qui donneront de la tenue au tapis. Le tapis, une fois terminé, comporte à chaque extrémité une bande tissée au décor très riche. Ce tissage ras sert, dans la tente, de séparation entre le côté des hommes et celui des femmes.

Les tapis faits sous la tente sont souvent destinés au commerce. Le propriétaire se rend alors à afflux les exposer au marché. Le marché au tapis se tient sur la place tous les dimanches matins.

Là, chacun étale son tissage, paye la redevance et attend le client. Ceux-ci sont nombreux et viennent d'un peu partout, aussi bien d'Oran ou d'Alger que de La Gouate ou de Gardaïa. Le choix est difficile.

On ne saurait se décider sans hésiter, sans comparer les motifs. Une fois qu'il a fait son choix, le client emporte son tapis. C'est autre l'essai sur place.

Le nomade profite de son passage à afflux pour faire quelques provisions. Il peut même, s'il le désire, acheter un flige pour réparer sa tente. Mais c'est plus rare.

Ces fliges sont habituellement faits chez lui. La sparterie est aussi une occupation de la femme nomade. A l'aide d'Alpha, elle confectionne des tasses et des plats imperméables qui lui serviront de vaisselle.

Ces objets sont souvent relevés d'un décor des plus harmonieux. L'homme aussi possède quelques passe-temps et il ne dédaigne pas de s'y abandonner lorsque le ciel trop chargé laisse prévoir une journée pluvieuse. Dans un morceau de chêne sec, il taille avec sa hachette binette, un guntas, qui est la barre de fête de la tente, la clé de foot de l'ensemble, où viennent s'appuyer les deux mâts principaux.

Et la vie s'écoulera ainsi, la femme partageant son temps entre toutes ses activités et la cuisine. Le couscous est toujours à l'honneur. Et les jours froids, le foyer est entouré des enfants que le vent d'hiver a glacés.

Chacun grandira sous la tente. Les jours de fête seront fastes et la viande apparaîtra au menu à la grande joie de tous. Le rythme est toujours le même et les saisons se succéderont imposant les déplacements.

Voici la caravane que nous avons quittée. Le sud n'est pas encore atteint et plusieurs journées de marche seront nécessaires. Femmes, enfants, chats, poules, voyagent ensemble dans les bassours que le palourd des chameaux balance.

Des montagnes sont à contourner, des routes escarpées suivies. Le chef surveillera les bêtes, rattrapant un chameau pressé ou en poussant un autre qu'une touffe d'herbe aura tentée. Encore un col à franchir et Taouiala, terme de l'étape, sera atteint.

Se préparant à camper jusqu'au lendemain matin, les tentes sont montées et les bêtes laissées libres au pied des montagnes jumelles, ancien refuge du Ksar de Taouiala. Mais rejoignons les tentes où l'heure de la prière a sonné. La nuit est froide et les chevaux sont couverts.

Après le repas, les hommes se réunissent devant un feu et chacun parlera de la journée, du temps, des bêtes ou de la récolte tout en se réchauffant. Dès l'aube, le camp est sur pied. Les chameaux entravés sont ramenés vers les sacs qui les attendent et les tentes sont démontées, pliées, chargées, les bassours préparées.

Le moment du départ est arrivé. Les bassours se groupent et la caravane se met en marche dans les premiers rayons du matin. Et la petite troupe poursuivra sa route du même pas le long d'ouêtes desséchées.

Elle atteindra enfin les points d'eau. Elle passera devant les pierres écrites, dessins rupestres d'une époque lointaine avec l'indifférence et le calme de ceux qui y sont depuis longtemps accoutumés. Puis le paysage se modifiera.

Le relief sera moins déchiqueté, le Sahara ne sera plus très loin. De passage, dans une palmerie, on en profitera pour acheter des dates ou les échanger contre le blé qu'on a ramené du nord. Les provisions d'eau seront faites et l'on reprendra le chemin du sud.

Une dernière halte à Tajirouna marquera la fin du voyage. On y lavera son linge, on fera encore quelques échanges. Le tout prendra une quinzaine de jours et ce sera le départ vers les campements d'hiver à la lisière du Sahara.

Plus loin, c'est le désert de sable et de rocailles, le pays où la vietta a pris difficile, le pays des grands nomades sahariens, les Chambas. Les mois s'écouleront avant que le printemps ne réveille le besoin de reprendre la route du nord pour une nouvelle saison de transhumance.

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Aflou.Arabic آفلو العربية

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